Chauds les Marrons…

Festivitées macroniennes au 4e trimestre :

La France est plongée dans une crise politique inédite sous la Ve République, marquée par une instabilité gouvernementale record, un blocage budgétaire persistant et des manipulations narratives qui exacerbent les fractures sociales.

Cette paralysie, qui dure depuis les législatives de 2024, illustre un cas d’école d’usurpation : le pouvoir central jupitérien utilise des délais artificiels et des « négociations ultimes » pour diluer les responsabilités et diviser l’opposition, tout en masquant des choix économiques favorisant les élites au détriment des classes populaires.

Depuis l’Assemblée nationale fragmentée post-2024 (sans majorité absolue), la France a enchaîné les gouvernements minoritaires éphémères. Michel Barnier est tombé en novembre 2024 sur une motion de censure transpartisane (gauche + RN). François Bayrou lui a succédé en décembre 2024, mais son gouvernement a chuté le 8 septembre 2025 après un rejet de confiance (364 contre 194 voix).

De militant colleur d’affiches à Premier ministre il n’y a qu’un pas et Sébastien Lecornu forme son gouvernement le 5 octobre après trois semaine passées à Matignon : 18 ministres, incluant des figures comme Bruno Retailleau à l’Intérieur, Gérald Darmanin à la Justice, et des retours comme Bruno Le Maire aux Armées. Ce cabinet, perçu comme une simple continuité macroniste avec une teinte droitière (21 % de LR), a tenu 14 heures. À l’aube du 6 octobre 2025, le Premier ministre termine la plus éphémère histoire républicaine de France, le corps nu dans le caniveau. Et c’est pas la faute à Rousseau.

Jupiter a chargé son bras droit d’ »ultimes négociations » avec les familles fantoches de l’opposition contrôlé du PS, LR, MoDem, Renaissance, hors LFI et RN. Lecornu a remis son rapport hier 8 octobre, excluant une dissolution immédiate et identifiant un « socle commun » pour une « plateforme de stabilité ». Bah voui, autant voter le budget avant les fêtes… De fait, l’Élysée va catapulter un Premier ministre demain. Darmanin ?

Peau de chagrin. Les discussions portent sur un budget 2026 adoptable rapidement, mais les divergences persistent : LR menace une censure sans concessions, Jupiter passe à la trappe.
PS et Écologistes exigent Matignon et une taxation des riches… LFI et RN appellent à une dissolution ou à la démission de Macron. Chose impossible, sa bouffissure et ses parrains s’y opposent.
Côté sondages 75 % des Français approuvent la démission de Lecornu, et plus de 50 % blâment Emmanuel Macron. Pauvrine, et sa Brigitte en plein imbroglio avec Candace Owens.

Passons au choses sérieuse : le déficit public s’établit à 6,1 % du PIB en 2024 (contre 4,6-5,4 % espéré), avec une dette à 120 % du PIB. Royal, les doigts de pieds en éventail le gouvernement vit bon train.

Sans budget 2026 le projet est gelé, dès lors, un budget provisoire minimaliste menace : coupes de 21 milliards d’Euros dans les dépenses sans importances : éducation, santé, aides locales…
Rien y fait, Jupiter sifflote fleur fanée au fusil aggravant l’inflation autour de 2,5 % et le chômage 7,5 %.
Moody’s maintient une perspective négative, et l’euro chute face au dollar.

Géopolitiquement, cela affaiblit la France, soutien à l’Ukraine, tensions au Moyen-Orient… Ici les gars, l’austérité est vendue comme « stabilité », masquant une redistribution vers les gavés. Mais ils ont travaillé dur pour en arriver là.

Ce chancellement récurrent, ce chaos alimente un ras-le-bol général et le pétitions s’empilent. Emmanuel Macron est dépeint comme un « canard boiteux » par la presse internationale, accusé d’ »acharnement » à centraliser le pouvoir. Vu de l’étranger, vraisemblablement notre Mozart de la finance ne casse pas trois pattes à un canard.

Et L’opposition mélenchonnesque en profite pour amplifier le narratif de « crise macronienne » pour mobiliser ses troupes. Socialement, cela exacerbe les inégalités : plus de déclassement pour les classes moyennes, peur d’une faillite imminente. Manipulation clé : les délais sous 48h créent un faux sentiment d’urgence, divisant la gauche et le PS refuse une alliance avec LFI en légitimant l’inaction.

Cette situation est un terrain fertile pour du contenu contestataire, et dénoncer l’élitisme jupitérien comme un simple « coup d’État mollasson » tombe sous le sens. À l’approche de Noël, croisons les doigts et espérons qu’ils nous restera quelques épices pour braiser les marrons.

Jean-Paul Akart

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