Après New START, le monde marche les yeux fermés vers l’apocalypse nucléaire

New START est mort et personne ne semble s’en inquiéter :

Le dernier grand traité de contrôle des armements nucléaires a expiré sans successeur. Entre poses héroïques à Munich et silences bien calculés, le monde entre dans une nouvelle ère, celle du chacun pour soi nucléaire.

C’était le dernier verrou. Depuis le 5 février 2026, il n’existe plus aucun accord contraignant entre les États-Unis et la Russie pour encadrer leurs arsenaux nucléaires. Cinquante ans d’architecture laborieusement bâtie, envolés, sans successeur, sans filet de sécurité, sans même un plan B sérieux sur la table, que tchi, nibe, makach walou.

 

États Unis, Russie, New Start, non-prolifération nucléaire...
« La Russie possède un peu plus de 6 200 ogives, les États-Unis environ 5 550 et la France près de 300… »

 

À Munich, Emmanuel Macron est arrivé sans ses lunettes de pilote de chasse sur le nez et son allure de Maverick prêt à sauver le Monde libre. Cela n’a pas empêché un clin d’œil à Davos de la part de Wolfgang Ischinger – le Pdt de la conférence de Munich – qui a saisi la perche lors du discours d’inauguration et, enfilé, ironique, une paire de Ray-Ban façon Brad Pitt… (éclats de rires dans la salle) :

 

 

Comme à l’accoutumé, c’est le regard perçant, le verbe souverain et l’arrogance non mesurée, qu’Emannuel Macron a rappelé à l’Europe qu’elle devait « prendre son destin en main ». Magnifique. Sauf que pendant ce temps, côté désarmement nucléaire, la France reste fermement accrochée à ses propres ogives et hors de question d’en parler dans un futur traité. On ne prête qu’aux riches, et la leçon de sagesse stratégique, qu’aux autres.
La Conférence a bien tenté de faire bonne figure, mais derrière les sourires diplomatiques, le constat est glacial : Washington veut embarquer Pékin dans les négociations, Moscou réclame d’y inclure Paris et Londres, et la Chine, elle, ne veut tout simplement pas en entendre parler. Pendant ce temps, les ogives, elles, sont toujours au chaud dans les silos.

 

« Si les grandes puissances ne parviennent plus à se parler,

tout cadre multilatéral relève désormais du vœu pieux. »

 

Israël, la bombe à retardement d’un monde sans garde-fou nucléaire :

Et Israël dans tout ça ?                                                                                                                 

L’État hébreu, qui disposerait de 80 à 300 pétards selon les estimations, n’a jamais signé le Traité sur la non-prolifération. Et n’accueille aucun inspecteur de l’AIEA, ne confirme rien, ne dément rien. Cette ambiguïté délibérée, savamment entretenue depuis des décennies, lui a jusqu’ici plutôt bien réussi. Mais dans un monde qui vient de perdre son dernier garde-fou, ce silence confortable ressemble de plus en plus à une fuite en avant.

Car si les grandes puissances ne parviennent même plus à se parler entre elles – même avec de belles lunettes bleues et un discours visionnaire – l’espoir de bâtir un jour un cadre véritablement multilatéral relève désormais d’un doux rêve. Nous entrons dans une ère où chacun compte sur sa propre bombe pour dormir tranquille.

En attendant, rassurez-vous : sous son parapluie nucléaire, avec ou sans lunette, Emmanuel Macron ronque sur ses deux oreilles. 

 

About the author

Sophia Bennett is an art historian and freelance writer with a passion for exploring the intersections between nature, symbolism, and artistic expression. With a background in Renaissance and modern art, Sophia enjoys uncovering the hidden meanings behind iconic works and sharing her insights with art lovers of all levels. When she’s not visiting museums or researching the latest trends in contemporary art, you can find her hiking in the countryside, always chasing the next rainbow.

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